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Balade

d'Oultremont / Lafontaine 1987

Y a que quand le soleil se couche

Que le gris de ses yeux s'irise

Il suffit qu'un rayon la touche

Pour qu'elle rougisse

Y a que quand le vent souffle au large

Sur l'océan de sa peau salée

Que mes mains s'attardent

Que mon corps débarque

Dans ses baies

Y a que quand le dais des nuits s'entrouvre

Que je sens ses doigts qui m'épellent

Suffit qu'un baiser la découvre

Pour qu'elle se réveille

Quand son dos sous le duvet s'embrase

Me laissant cendre de la tête au pied

Que mon corps s'acharne

Lui tire des larmes

Sans regret

L'assaillant de mes villes défaites

S'est vu près d'elle en ange déchu

Mais maudit soit le temps des tempêtes

Ses armes secrètes

Moi je l'aime sans dessous dessus

Même quand ses démons de femme me défient

Y a que quand le sud-est habille l'aube

Que ses tentations la dévoilent

Il suffit d'allonger l'épaule

Pour qu'elle s'étale

Echappée des flux et des cadences

Au paradis des Dante et Sade idées

Mon corps se déforme

Les saints s'endorment

Fatigués

Quand j'entends résonner les matines

Souffrant des péchés qu'elle avoue

Suffit que la marée s'anime

Pour qu'elle s'échoue

Sur les plaies du désir qui s'échappe

Ou sur le grain d'épiderme à rosée

Sur son ventre las

Je reste là

Où elle est