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Faisant suite à l'édition en 1999 du Catalogue inventaire des collections de la Communauté française de Belgique couvrant la période 1993 &endash; 1998 relative à la peinture et au dessin, un nouvel ouvrage vient de paraître, pour la même période. Il est consacré à la sculpture, aux installations, au mobilier et au bijou contemporain et regroupe les Žuvres de quelques 70 artistes. Une sélection des Žuvres a été opérée pour l'exposition «Particules Elémentaires» accompagnant la sortie de cet ouvrage en veillant à privilégier les Žuvres qui n'avaient pas encore été montrées auparavant.

L'une des caractéristiques de la sélection des pièces rassemblées ici est celle d'une grande diversité, que ce soit dans les matériaux employés, les dimensions et les usages, les références dans lesquelles les Žuvres s'enracinent, l'esthétique même ou le cheminement personnel dont elles sont le produit. Les intégrations conçues pour la plupart en fonction de lieux particuliers n'ont pu être montrées ici, étant situées dans leur lieu «prédestiné», que ce soit des parcs ou des forêts, des sites urbains ou des musées.

Les individualités fortes de nos créateurs se côtoient et se complètent. Une Žuvre de Peter DOWNSBROUGH conçue sur le thème de la dualité peut être considérée comme un écho abstrait à la statue androgyne de béton de Marin KASIMIR tandis que, dans des registres très différents, les Žuvres d'un Johan MUYLE ou d'une Sylvie RONFLETTE explorent les souvenirs d'une destinée que l'on devine fatale. L'esprit du jeu ou l'insolite développé par un DANIEL DANIEL, ou un Juan d' OULTREMONT, dialoguent avec des Žuvres davantage liées au passé tellurique des matières comme en témoignent les Žuvres d'Isabel ALMEIDA, Francis FEIDLER, Anne-Marie KLENES, Bernard et Monica HUBOT pour ne citer que quelques exemples. Une sélection de bijoux contemporains, parce qu'ils appartiennent intrinsèquement au domaine de l'art tri-dimensionnel, trouvent en l'Atelier 340 un écrin inhabituel.

L'espace de l'Atelier 340 Muzeum en tant qu'association conventionnée soutenue par la Communauté française - association qui Žuvre depuis 1979 en faveur de la promotion de la sculpture - est apparu comme un lieu privilégié pour accueillir une exposition mettant en valeur cette discipline au sein de l'une des plus grandes collections publiques en Belgique. La variété des espaces et le caractère modulaire des différentes salles permettent une disposition particulièrement adaptée pour l'ensemble de ces Žuvres.

performance

A l'arrière de l'Atelier 340, Gwendoline ROBIN réalisera une performance axée sur le mouvement, l'expérimentation des matériaux et les chocs sonores provoqués par les explosions. Principale actrice, Gwendoline Robin évolue au centre d'installations minées d'explosifs sur un accompagnement musical de Garrett List. Le corps humain est au centre de l'action, ce sont ses mouvements qui, par des recherches constantes d'équilibres - déséquilibres, orchestrent et enclenchent des réactions en chaîne. Les détonations s'y succèdent, engendrant un champ d'énergie rythmé par la musique et ponctué de silences.Atelier d'éveil particules élémentaires

Durant l'exposition, plusieurs artistes réaliseront des animations pour les enfants de l'atelier d'éveil à la sculpture.

Dates et informations : 02/424.24.12

enfants@atelier340muzeum.be

 

Echantillons d'une collection

Claude Lorent - La Libre 1 avril 2003

La collection des oeuvres d'art de la Communauté française compterait à ce jour plus de vingt mille oeuvres. Quand elles ne sont pas en réserves inaccessibles, elles sont dispersées dans les ministères et autres bureaux d'institutions. Certaines, plus chanceuses, font parties de dépôts à long termes dans des musées ou centre d'art mais ne sont pas pour autant visibles. Les plus prestigieuses enfin, sont prêtées en Belgique et à l'étranger à l'occasion d'expositions diverses: les Magritte, les Delvaux, les Broodthaers sont parmi les oeuvres les plus sollicitées.

En ce moment, à l'occasion de la publication du second tome de l'inventaire des oeuvres acquises entre 1993 et 1998, une sélection d'oeuvres est présentée à l'Atelier 340. Belle exposition, judicieusement agencée où les oeuvres disposent de l'espace nécessaire à leur autonomie et à leur rayonnement.

Question récurrente

Cet échantillonnage de choix - où l'on revoit avec plaisir des oeuvres de Tapta, de Michel François, Didier Vermeiren, Michel Scheer, Sylvie Ronflette, Johan Muyle, Patrick Guaffi... et où auraient pu figurer «Les Registres du Grand-Hornu» de Christian Boltanski, seule oeuvre d'un artiste étranger ne vivant pas en Belgique - pose surtout la question, récurrente depuis de très nombreuses années, de la constitution et de l'usage d'une telle collection.

Aucune réponse, à ce jour, n'a vraiment été donnée. Un constat néanmoins: en dix ans, la somme globale attribuée aux achats est passée de 12 millions (de francs) à 5 millions. Soit une diminution plus que sensible, sans que les aides à la production, voire à l'édition, ne soient clairement définies, le budget attribué étant minime.

Constituée sans vision ni concept particulier, ni même sans but déterminé, il ne s'agit pas à proprement parler d'une collection mais d'une addition d'oeuvres de qualité très inégale dont on peut tout au plus estimer qu'elles représentent une part subjective de la mémoire de la création dans le domaine des arts plastiques en Communauté française. Et la majorité des achats étant effectués sur proposition d'une commission de treize membres désignés par les partis politiques selon un système de répartition précis, on voit mal comment il pourrait en être autrement et comment les choses pourraient changer! Actuellement, la mise en place de trois commissions pour la répartition des subsides est à l'étude! Voilà qui promet.

Pour qui, pourquoi?

L'autre question est: des achats pour qui, pourquoi, dans quel but, avec quelle destinée? S'il s'agit d'aide aux artistes, cela peut prendre avantageusement d'autres formes. La mise en dépôt muséale est une solution pour autant que l'oeuvre soit de niveau et ne soit point stockée dans les réserves. Le respect des artistes et du public voudrait au minimum que les oeuvres soient montrées dans de bonnes conditions, par exemple suivant un principe de rotation, mais pour ce faire il faut des oeuvres de haut niveau, un lieu adapté, sainement et dynamiquement géré, accessible au public. Avis aux politiques.

En attendant, prenez plaisir à visiter cette exposition regroupant 32 plasticiens, elle en vaut la peine.

© La Libre Belgique 2003