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Condoleezza Rice, pas vraiment l'image de la douceur

Mis en ligne le 21/05/2004

La vache de chez vache, les présélections du Concours Reine Elisabeth m'auront au moins appris une chose cette année: l'origine du prénom de la conseillère en sécurité nationale des Etats-Unis. «Con dolcezza»: cette nuance musicale qui indique la douceur d'une interprétation et dont, les parents de Condoleezza Rice gratifièrent leur mouflette, dans l'espoir secret d'en faire sans doute un exemple de délicatesse et d'aménité. Mon Dieu, pour rater l'objectif à ce point, ils ont dû prendre «Buck Danny contre Lady X» pour un livre de Françoise Dolto. Pourvu que ces braves gens soient morts à temps, avant de prendre conscience d'avoir mis au monde la femme la plus méchante de la terre! Peut-être même (comme dirait Amélie Nothomb), la femme la plus méchante de l'univers. Une sorte de Milady de Winter, tellement froide que sa ressemblance avec un frigo box, lui ferait interdire les plages de Knokke-le- Zoute.

Rien à voir avec Madame Dupuis qui, elle, fait seulement semblant d'être méchante -et qui y réussit par ailleurs assez bien. Non, une vraie garce, dont l'intelligence et la séduction ne font qu'en augmenter la dangerosité... Quand on sait qu'elle passe 12 heures par jour dans le cerveau de Bush, on se dit que c'est le premier président américain qui a une amanite phalloïde à la place du cerveau!

Lorsqu'on l'entend, sans rire, affirmer que les trois «piliers» sous-tendant la politique étrangère du gouvernement Bush consiste à «défendre la paix - maintenir la paix - propager la paix», on se dit que le palais des cotillons doit au moins lui faire des prix sur les coussins péteurs.

Mais enfin comment est-ce qu'une enfant qui a connu la pire des ségrégations raciales en Alabama, les attentats à la bombe du Ku Klux Klan, et qui en plus était si douée pour le piano, a pu devenir la femme la plus méchante du monde? Parce que c'est vrai qu'à côté d'elle, Cruella Denfer pourrait se faire passer pour Mère Térésa -la coiffure en moins évidemment.

Ah, où est le bon temps où les harpies ne cherchaient pas à jouer les Chantal Goya? C'est vrai quoi, Madame Thatcher n'a jamais essayé de se faire passer pour un loukoum. Tandis qu'avec son teint hâlé, son brushing à la Betty Boop et ses tailleurs pieds de poule, le charme Condoleezza tient de la trahison pure et simple. C'est comme si on nous annonçait soudain que Carla Bruni était impliquée dans les attentats de Madrid ou qu'Anne Goderniaux sortait avec le Mollah Omar.

Et pas seulement belle et menteuse. Non, intelligente avec ça! Il paraît qu'elle est tellement brillante qu'à chacune de ses interventions télévisées elle ruine en fond de teint les maquilleuses de CNN. En plus, avec les mâchoires serrées qu'elle se paie, on comprend que Georges W. Bush ne lui ait jamais proposé de jouer le rôle de Monika Lewinsky.

Une femme dont le pouvoir de malfaisance a depuis longtemps dépassé les frontières de l'Amérique. Ainsi, il paraît qu'avec ses deux «e» et ses deux «z» successifs, madame Balfroid aurait aimé placer son prénom dans la dictée de cette année. Les lardons, vous l'avez échappé belle...

© La Libre Belgique 2004