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Week-end de détente à Grand-Leez

Mis en ligne le 23 janvier 2004

Décidément, le monde ne sera plus jamais comme avant... Je veux dire, plus jamais comme avant cette partie de campagne à laquelle le Premier Ministre a convié le gouvernement. Il faut reconnaître que c'est courageux de leur part de s'être tapé deux jours de suroxygénation à Petit-Leez, alors qu'ils auraient pu s'adonner aux plaisirs tranquilles d'un samedi après-midi au salon de l'auto. C'est surtout amusant que Guy Verhofstadt ait attendu le départ des écolos pour enfin se mettre au vert. Sachant qu'elle aurait sans doute dû partager son pyjama avec Marc Verwilghen, c'est Isabelle Durant qui a dû pousser un «ouf» de soulagement de ne plus en être. Le Premier Ministre n'avait pas lésiné sur les moyens pour que le week-end soit une réussite. Ainsi, il avait accroché des ballonnets de couleur sur la porte du château afin qu'en venant y déposer la petite Freya, Luc Van den Bossche trouve plus facilement.

Avant de commencer la réunion, Verhofstadt a sèchement reproché à Didier Reynders ses vingt minutes de retard. Ce dernier a bien essayé de faire croire qu'il avait été retardé par les milliers de fans et de journalistes qui l'avaient escorté jusqu'à l'entrée du château, mais personne ne l'a cru. En préambule, Monsieur Guy Quaden, le gouverneur de la Banque Nationale, est venu donner ses prévisions économiques pour 2004. Il s'est voulu optimiste. D'après lui, le nombre de gagnants au grattage du Subito pourrait augmenter cette année de 2,7pc.

Ensuite, Guy Verhofstadt a présenté sa méthode de travail. Par souci d'efficacité, les questions à l'ordre du jour seraient traitées en ateliers. Le premier prendrait à bras le corps la problématique socio-économique belge et réglerait une série de dossiers stratégiques. L'autre serait consacré à la confection de gaufres. André Flahaut a tout de suite demandé de pouvoir faire partie du second... A 10h30, après avoir renvoyé le problème de DHL au gouvernement provisoire irakien, ils ont tous refermé leurs dossiers pour entamer une partie de Cluédo (il fallait trouver qui avait tué Nicole Maréchal avec un chandelier).

Vendredi, au souper, tout le monde a ri en pensant que Rudy Demotte faisait des imitations de Guy Coëme,- ce qui est idiot puisqu'il parle comme ça naturellement. Et la soirée s'est terminée avec une démonstration de gilles. Autant vous dire qu'avec la demi-tonne de cocaïne qu'on a saisie à Binche, la cohésion du gouvernement s'en est retrouvé renforcée. Durant la Bamba, même Maria Arena a accepté d'embrasser Jacques Simonet avec la langue...

Comme souvent en pareil cas, le moment de la mise au lit a été l'occasion de quelques crises de larmes. Comme il s'était fait passer pour Michael Jackson, personne n'a voulu dormir avec Didier Reynders. Par ailleurs, Bert Anciaux s'est mis à pleurer parce qu'on lui avait confisqué son doudou (suite à une plainte déposée par Gaia, les jouets en peluche fabriqués avec les cheveux de Jean Montagne sont en effet devenus interdits). Samedi matin, Frank Vandenbroucke s'est réveillé avant tout le monde. Pas pour aller chercher les petits pains, mais pour déposer dans les bois des alentours quelques hôtesses de la Sobelair destinées à la battue aux chômeurs qu'il avait prévue. Ceux qui ne voulaient pas chasser ont dû participer à un relais quatre fois cent mètres avec les béquilles de Louis Michel. Avant de clôturer ce Conseil des Ministres exceptionnel, ils ont décidé de confier à Georges Bush les mesures facilitant le lancement des indépendants: dorénavant ceux-ci seront lancés en direction de Mars grâce aux fusées de la Nasa. Comparé aux enjeux abordés lors de ce conclave (l'implantation de nouveaux IKEA et la déduction à 75 pc des frais de restaurant), le forum altermondialiste de Bombay ressemble à une vulgaire démonstration Tupperware. Interrogée sur ce sujet, Laurette Onkelinx a tenu à en relativiser l'importance: «100000 benêts soucieux de l'avenir de la planète, cela ne fait pas grand-chose à côté du nombre de témoins attendu au procès Dutroux!»