o

Engagez-vous, qu'ils disaient

Mis en ligne le 06/05/2006

La vache! Nos ninjas ne font plus recette. C'est la disette chez nos GI'Joe. Pour qu'on puisse dormir en paix, ils devraient être 1 602 et ils ne sont que 920. C'est dire que si les Allemands n'étaient pas occupés avec leur Coupe du monde, ils pourraient nous refaire le coup d'Eben-Emaal sans qu'on leur oppose la moindre résistance. Et puis, c'est très beau tout ça, mais qui sautera sur Kolwezi si nos jeunes ne veulent plus s'engager dans les para-commandos?

D'après l'état-major, cette pénurie est liée à la rigueur de la formation. Pas de TV, pas d'alcool, peu de sommeil, et surtout beaucoup de ponts de singe, de gadoue et de pompages... Et c'est vrai que c'est sans doute à cause des pompages que moi-même je ne me suis jamais engagé. La gonflette en salle avec de la musique de Vangelis Papathanassiou dans le MP 3, d'accord. Mais des pompages dans l'aube glacée de Flawinne, sous les hurlements d'un Sylvester Stallone galonné, relooké skinhead, ça non! En plus il faut bien reconnaître qu'avec son «Brokeback Mountain», Ang Lee nous a un peu chamboulé les critères de virilité. Dans la vraie vie, on a peine à imaginer Jean Schrame roulant des pelles à Bob Denard! Ce corps d'élite a d'ailleurs la classe pour susciter des images contradictoires. Héros, martyrs, barbouzes... Ils provoquent un sentiment d'amour-haine où se mêlent tout à la fois les souvenirs des films de John Wayne, les images de grands gaillards parachutant des vivres ou portant dans leurs bras des enfants lors d'opération d'évacuation congolaise, et celle d'Olivier Pirson cassant du Somalien. Si vous voulez mon avis, ça manque de cohérence tout ça. C'est un peu comme si, dans la version DVD d'Apocalypse Now, André Flahaut avait pris la place de Marlon Brando... On comprend que les jeunes recrues aient de la peine à s'y retrouver, d'autant que pour le prix d'une console Nintendo, ils peuvent jouer les Rambo sans avoir à abandonner leurs Converse pour des combat-shoes.

Ce n'est pas nouveau, la violence fascine autant qu'elle émeut!

A la différence près qu'aujourd'hui, c'est pour faire leur course chez Rob que les hommes, les vrais, sortent leur Hummer. Comme quoi, para-commando et métrosexuel, ce n'est pas simple à concilier.

Et pourtant, je ne veux pas faire celui qui sait, mais je pense avoir la solution! Pourquoi ne pas compenser le déficit de vocations en confiant aux para-commandos l'organisation des stages parentaux si chers à Didier Reynders? Faisons-leur retrouver le goût de l'autorité à ces mères célibataires un peu débordées, à ces parents démissionnaires, à ces géniteurs inconscients, à toute cette génération de mauvais pères, de chômeurs irresponsables et de babas laxistes. Attention, il n'est pas question ici de stigmatiser qui que ce soit. Non, juste les faire ramper en treillis kaki dans la cour de leur immeuble le visage couvert de cirage. Les initier aux techniques de «close combat» et à la signature de bulletin façon Abu Graïb. Les faire descendre en rappel les façades de leur HLM. Leur apprendre à interroger leurs rejetons rebelles au compteur gégène et à la cigarette. Avec pourquoi pas, un petit bizutage de bienvenue: leur faire manger les billets d'absence de leurs enfants ainsi que les livres de Françoise Dolto... Et surtout, beaucoup de pompages. Parce que c'est vrai que l'autorité parentale, ça ne s'apprend pas dans le Marabout Flash. Pour ceux chez qui ce n'est pas inné, il n'y a que les pompages qui marchent...

Ensuite nous tenterons de régler le problème des séminaristes qui sont encore moins nombreux que les paras.