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Trois malheureux petits jours

Mis en ligne le 10/11/2007

La vache ! Je prends trois jours de break. Question de lever le pied, je saute dans un avion en me disant : "à présent, ils sont assez grands pour se débrouiller sans moi !"

Et d'ailleurs, en trois jours, que pourrait-il se passer de dramatique ? Didier Reynders est au Kenya; s'il met sa main bien plate pour donner du sucre aux lions, il ne peut rien lui arriver. Karel De Gucht est en Italie; s'il ne parle pas aux Italiens comme il le fait aux Congolais, il reviendra entier. Joëlle Milquet a subi son rappel tétanos avant de partir en camp de patrouille à Saint-Idesbald et Patrick Dewael est à Knokke... En somme il n'y a que les iguanodons qui sont restés à Bruxelles dans leurs nouvelles vitrines du musée des Science Naturelles. Ce serait donc assez vexant que ce week-end soit précisément celui où tout se déglingue ! En plus, je laisse une voiture avec le plein d'essence au cas où le pétrole serait devenu inabordable à mon retour. Je peux donc partir sans m'en faire !

Le parquet espagnol a requis contre les auteurs des attentats de Madrid, des peines cumulées de 311 865 années de prison - même s'ils n'en font que la moitié, ils ne seront pas libérés avant lundi. Et si de leur côté les Turcs n'attaquent pas les bases kurdes du nord de l'Irak, on ne devrait pas craindre des émeutes à Schaerbeek et à Saint-Josse dans les jours qui viennent ! En plus, la météo s'annonce clémente. Et de toute façon, qu'aurions-nous à craindre sous la protection des 498 nouveaux béatifiés franquistes décrétés par le Vatican - comme le dit très bien Benoît XVI, "des saints ayant combattu aux côtés de Franco ne doivent pas être des tapettes !" Non, tout me pousse à partir tranquille.

La communauté juive d'Anvers a promis de ne plus provoquer Bart De Wever avec ses vieilles récriminations. Quant à Zola Matumona, l'impertinent joueur du FC Brussels, il a eu la sagesse de s'excuser auprès de Johan Vermeersch le président de son club, d'avoir pris la mouche et grimpé à l'arbre à la première remontrance qui lui était faite. Pour le reste, l'Assemblée nationale française a augmenté le salaire de Sarkozy de 140 pc juste avant le week-end, ce qui devrait lui permettre de tenir jusqu'à mon retour...

Je m'accorde donc trois malheureux jours, en somme une escapade à peine plus longue qu'une évasion de Nordin Benallal ! J'espère seulement qu'André Flahaut n'utilisera pas d'Airbus A310 pour aller voir le dernier film de Jamie Foxx à Imagibraine, et s'il devait néanmoins emprunter un hélicoptère, je prie le ciel pour qu'il ne passe pas au-dessus de la prison d'Ittre, parce qu'avec ce qu'ils ont pris sur les doigts, je pense que les gardiens doivent être extrêmement nerveux...

Tout ça pour dire que je m'octroie 72 heures de répit, et cela le week-end de l'année où tous les observateurs s'accordent sur un point : il ne va rien se passer. Trois malheureux jours, ce n'est quand même pas le Pérou ?....

Eh bien manifestement c'était encore trop !

Je passe le week-end à la Biennale de Venise pour me refaire une santé et paf... le Standard en profite pour se faire battre par Mouscron et abandonner du même coup à Bruges sa première place au championnat.

Mais enfin, bordel de tettes, on ne peut donc pas avoir le dos tourné cinq minutes ! Le Standard en plus ! Le club dont les résultats de début de saison semblaient contredire cette image de looser dont la Wallonie a tant de peine à se défaire ! Attention, ce n'est pas que je me suis pris pour un intérêt soudain pour le football, non, il ne faut quand même pas charrier, mais je suis conscient que ce n'est pas à la Monnaie, au dernier spectacle de Charlie Degotte ou à l'incroyable exposition de McCarthy au Musée de Gand, qu'Yves Leterme et Didier Reynders vont aller se faire photographier ensemble durant leur temps libre. L'électeur s'en fout de la culture et il a raison : des hommes politiques qui vont au foot, c'est comme des saints franquistes, ça fait tout de suite plus viril et surtout plus rassurant.