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Mon beau-frère, mon idole...

Mis en ligne le 29/02/2008

Mon beau-frère, c'est mon idole, c'est mon Amérique à moi-même qu'il est trop bien pour moi... Question décryptage de l'actualité, mon beau-frère c'est un peu mon sherpa ! Mon cornac ! Mon Leader Maximo !

Mon beau-frère, c'est mon idole, c'est mon Amérique à moi-même qu'il est trop bien pour moi... Question décryptage de l'actualité, mon beau-frère c'est un peu mon sherpa ! Mon cornac ! Mon Leader Maximo ! Mon GPS Tom-Tom ! Mon beau-frère, il fait du karting et du tir sportif avec un inspecteur qui a fait partie de la cellule "Tueurs du Brabant wallon", c'est vous dire qu'il sait des choses que même Pascal Vrebos et Vincent de Coorebyter ignorent. Je ne sais pas comment il fait, mon beau-frère, mais chaque année il reçoit une invitation pour deux personnes au cocktail d'ouverture de Batibouw. D'accord, dans l'horoscope chinois, mon beau-frère, il est du signe du cochon, mais ça, il n'y peut rien.

Mon beau-frère m'a dit en montrant son petit doigt, que ça faisait au moins cinq ans qu'il était sûr et certain que Maître Hissel avait des photos louches dans son ordinateur. Même au niveau international, il est super au courant. Par exemple, pour mon beau-frère cela ne fait aucun doute : il y avait au moins deux tireurs à Dallas le jour de l'assassinat de Kennedy. Dans le conflit qui oppose Turcs et Kurdes dans le nord de l'Irak, mon beau-frère, il est avec les Turcs. Et pour ce qui est de Fidel Castro, mon beau-frère prétend que si les musiciens du Buena Vista Social Club jouent si bien, c'est qu'ils ont eu super dur dans la vie.

Mon beau-frère, c'est un vrai dingue : il collectionne les verres de Coca-Cola du monde entier - il en a 127 différents. Par contre, il ne sait pas très bien comment ça se fait, mais sur les trois DVD qu'il possède, il a deux fois Le peuple migrateur et une fois Farinelli. Mon beau-frère trouve que les appareils digitaux ce n'est pas encore vraiment au point - lui, il fait de la photo noir et blanc avec un appareil argentique. Mon beau-frère, il sait ce qu'il faudrait faire avec les pédophiles, même qu'avec lui le problème serait vite réglé. L'été passé, mon beau-frère a joué au beach-volley avec le médecin de la clinique d'Edegem qui a opéré le Roi de la cataracte, mais il n'a pas voulu m'en dire plus de peur de découvrir la couronne. Mon beau-frère n'aime pas les Ecolos. D'ailleurs, il dit que Test-Achats c'est arnaque, combine et dessous-de-table à du 200 à l'heure. Parfois mon beau-frère exagère. Il dit qu'Arnaud Gavroy, il faudrait les lui couper comme aux pédophiles. Question orthographe, mon beau-frère, il est imbattable. À la dictée du Balfroid de l'année passée, il n'a fait qu'une faute - il avait mis un tiret à lèchefrite. Mon beau-frère dit qu'Henri Salvador était un super musicien et que c'est même lui qui a appris la guitare à Sacha Distel. Mon beau-frère pense surtout que si Etienne Davignon était Premier ministre, on n'en serait pas là...

Ça fait des années que je dis à mon beau-frère : tu devrais contacter Sabine Laruelle ou Paul-Henry Gendebien et te lancer dans la politique ! Cette semaine, il m'a enfin écouté. Il a contacté Peter De Crem pour lui soumettre une de ses idées. À l'instar du projet de Sarkozy concernant le devoir de mémoire, mon beau-frère a imaginé faire parrainer chaque petit Wallon par un élève de Flandre. Ainsi, d'Alost à Poperinge et de Oostduinkerke à Postel, chaque jeune Flamand apprendrait le nom d'un pauvre petit francophone de son âge. Un fils de chômeur ou de syndicaliste, un délinquant juvénile, un scrofuleux, un rachitique, un analphabète victime du retard wallon et sur l'histoire duquel il mènerait une petite enquête : situation de famille des parents, groupe sanguin des frères et soeurs, orientation sexuelle, présence ou non d'une femme de ménage... Cette relation personnelle, affective pourrait ensuite permettre de construire un travail pédagogique dans le genre : dessiner des terrils aux pastels gras ou apprendre par coeur les paroles de la P'tite Gayolle...

Ma soeur, elle, dit que c'est une mauvaise idée. Elle dit que ça traumatiserait les petits Flamands qui devraient supporter le poids de la culpabilité face à ces gamins francophones qui jouent encore sur des consoles Sega Master Système et dont certains n'ont même jamais entendu parler de la Nex Gen Nintendo Xbox 360. Ma soeur, elle dit que les enfants flamands vont se mettre à faire des cauchemars et se réveiller en sursaut la nuit, persuadés d'être à Farciennes ou à La Louvière...

Du coup, mon beau-frère cherche une autre idée. Il pense que pour restaurer l'unité de la Belgique, il faudrait un président communiste, comme à Chypre. Comme il ne connaît pas de communiste, il va en parler à Gérard Deprez.