o

Une erreur de casting

Mis en ligne le 31/05/2008

Et si tout cela n'était finalement qu'un problème de biodiversité. Si en fin de compte, c'était l'espèce même des premiers ministres tels qu'on en a connu jadis, qui avait fini par disparaître. Rayés de la carte par le réchauffement climatique, la surexploitation humaine ou la chute d'une météorite sur le 16 rue de la Loi. En somme, la fin des dinosaures de la politique. Parce que Leterme, on voit bien qu'il n'est pas méchant. Si, manifestement, il n'a rien pour faire un chef de gouvernement, sa transparence en ferait sans doute un excellent représentant Carglass : "Si le trou (je veux dire, celui des dépenses publiques) est moins grand qu'une pièce de deux euros, alors Yves Leterme peut vous sauver le pare-brise !"

Pour le reste, on voit bien que c'est juste une erreur de casting ! Pourquoi se ridiculise-t-il en première division alors qu'en "paroissiale", il ferait peut-être merveille. Moi Leterme je le verrais plutôt en... manucure ! Ou alors en délégué médical. Un de ces types anormalement pâles et tristes que l'on croise dans les salles d'attente, la mallette pleine d'échantillons de pommade contre les doigts blancs. On voit bien qu'il n'est pas contraire, Leterme, qu'il essaie de faire avec ses moyens qui, par ailleurs, ne sont pas énormes.

Mais voilà, il aurait été plus crédible en tourneur de partition au concours Reine Elisabeth. Ou en caddy de golf. Ou alors, en souris de laboratoire. C'est ça : souris de laboratoire ! Fort de ses 800 000 voix de préférence, il pourrait même choisir le virus qui lui serait inoculé. En fait, on n'a rien inventé de plus fade et tiède depuis le porridge.

Leterme c'est the bad place in the bad time. Le premier Premier ministre dont la copie de cire de chez Tussot semble plus énergique et vivante que l'originale.

A l'inverse des perruches invasives qui ont fini par s'acclimater dans nos régions, on a l'impression que Leterme c'est un Blanc moussis perdu dans une école de samba. C'est un peu comme si Sebastien Ministru postulait pour le rôle-titre dans le prochain Indiana Jones. Moi, je le reconnais, il me fait pitié. Il devrait essayer l'exhausteur de goût, je suis sûr qu'il y gagnerait. Il paraît qu'enfant, il était déjà dévoré par des ambitions hors de sa portée. A dix ans, il voulait devenir doublure lumière de Pierre Bachelet. Le prétentieux ! Lors de son premier camp scout, il a été élu à 88 pc des votes responsable des feuillées. Il a même été un moment ramasseur de balles, mais on lui a demandé d'arrêter. Il fermait les yeux et mettait ses mains sur les oreilles chaque fois qu'un joueur servait...

Ou alors, peut-être n'est-ce qu'une erreur géographique. On se dit en effet qu'en Italie ou en Israël, Leterme il ferait un président de la république idéal. Insipide et propre sur lui. Toujours photographié au milieu des chrysanthèmes. Le genre de personnalité dont on ignore souvent le nom tant sa fonction s'apparente à celle d'une hôtesse Marlboro. C'est bien qu'il n'a pas le bon format d'oreilles sinon en Angleterre, il aurait pu faire un excellent "prince consort". Il paraît qu'il est très facile, qu'il mange de tout et qu'il suffit de le sortir une fois par jour.

Evidemment il y a cette manie de partir en voyage chaque fois qu'un Conseil des ministres risque d'être un peu chahuté. Vous imaginez Patton et Montgomery filant en stoemeling à Torremolinos la veille du débarquement. Encore qu'il paraît que ses voyages c'est du bluff, en réalité, Yves Leterme il fait un mi-temps sur l'île aux enfants. Il paraît que c'est lui qui est caché dans Casimir...

En fait vous savez à qui il me fait penser Yves Leterme ? A Steewball... Un cheval sur lequel 800 000 parieurs avaient misé et qui, le jour du grand prix de Saint Paul, s'envola vers le Pérou pour ne pas avoir à sauter la rivière.

Pour la suite, suivons son conseil et attendons le moment venu.